Une « journée type »

Certain-e-s d’entre vous aimeraient pouvoir s’imaginer une « journée type » à Eotopia.

Alors, que répondre, à part que vivre à Eotopia permet d’expérimenter plus que jamais l’impermanence et l’interdépendance – les 1er et 3ème des quatre sceaux chers au bouddhisme, rien moins que ça ! [Rire]

… Car, que nous le voulions ou non, quoi que nous ayons décidé de faire, nous sommes sans cesse amené-e-s à nous adapter aux imprévus, on ne peut plus variés. Cependant, en gros, en très très gros ( !), une « journée type » lors d’une « semaine de visites type » et plutôt en été, ça pourrait donner environ ça [rire bis] :

le matin, les lève-tôt se lèvent tôt et l’on peut en trouver (ou pas : certains se cachent parfois) en train de méditer, ou de se promener avec un chat, ou de peaufiner leur roman, ou de se concocter une assiette de fruits, ou des tartines de purée d’oléagineux, ou de travailler déjà dans le jardin…
Les autres dorment encore, émergeront peut-être vers 10, 11h…

Par la suite, la journée s’organise plus ou moins d’elle-même : chacun-e sait ce qu’il/elle a envie de faire et a (ou pas) pris part la veille à la réunion technique pour décider des priorités de la journée.

Vers midi, celles/ceux qui le désirent se réunissent pour cuisiner, et demandent aux autres s’ils/elles voudront partager le repas. Celui-ci démarre vers 13h. Lors des semaines sans visites, les déjeuners sont en revanche rarement (euh, en fait, ça dépend !) communs.

L’après-midi, certain-e-s continuent à travailler sur un chantier ou autre, certain-e-s s’adonnent à la sieste, et vers 17h, des volontaires se réunissent à nouveau pour cuisiner. Le repas a lieu vers 18h.

Ensuite, suivant l’heure, l’envie et le temps, on peut faire du vélo, aller se baigner dans la Loire, se balader, contempler le coucher de soleil… ou passer directement au partage de ressentis (qui s’inspire à la fois des enseignements du maître bouddhiste zen Thich Nhat Hanh et de la communication non violente), suivi de la méditation, du « om » collectif et de la réunion technique (où sont évoqués les problèmes d’ordre matériel, les chantiers du jour et futurs).

Puis l’on peut enchaîner avec une fin de soirée en musique (nous sommes joueurs/euses de guitare, accordéon, piano, chanteurs/euses…) ou bien lire ou se coucher illico… ou autre !

Rien de tout ça n’est obligatoire. Mais participer au dîner et au partage de ressentis sont très fortement recommandés ! Ce sont des temps forts qui, ajoutés à toutes les expériences vécues au quotidien, permettent de progresser dans la compréhension des autres et de soi-même, en communication…

Enfin, une fois sur place, vous pourrez trouver sur les murs de l’habitat collectif comme sur les parois des toilettes sèches, diverses fiches expliquant notre mode de fonctionnement.
En voici quelques-unes, pour vous donner une idée :


Séance quotidienne de méditation de l’écoute et de la parole, dite « partage de ressentis » :

On ne prend la parole que si on le souhaite.

On essaie d’écouter libre de son passé, de sa mémoire, de ses a priori, et donc sans effectuer d’associations, de comparaisons, d’interprétations ou de généralisations : on est un réceptacle vide pour les paroles prononcées ; on les accueille avec un esprit entièrement neuf et paisible.

On parle à la 1ère personne, et si l’on doit évoquer d’autres personnes, on ne les nomme pas.

On ne généralise pas, on ne philosophe pas ni ne s’amuse à manier des concepts : on parle de ses propres émotions, désirs, besoins.

On ne parle pas pour obtenir des réponses et l’on ne s’adresse à personne en particulier.

Lorsque quelqu’un s’est exprimé, on ne prend pas la parole dans la foulée : on laisse un temps de pause.

On ne commente pas ce qui vient d’être dit, on n’intervient pas lorsque quelqu’un parle, et l’on s’abstient, après la séance, de reparler à quelqu’un de ce qu’il a dit pendant la séance.

Si quelqu’un exprime un problème d’ordre relationnel avec une ou plusieurs autres personnes, s’il le souhaite, il peut demander à ce qu’un temps lui soit consacré le lendemain pour tenter de le résoudre collectivement. Pour les problèmes d’ordre technique, organisationnel, il existe une autre réunion quotidienne.


Toilettes sèches :

Papier : au choix, papier toilette (très cher et peu écolo) ou papiers issus pour la plupart de sacs distribués en magasins bio (gratuits et de récup’ !). Ici, certaines personnes utilisent systématiquement la seconde option pour le caca et elles s’en estiment très satisfaites :o)
… Mais quelle que soit votre décision, que la chose vous reste agréable !

Quand le papier commence à se faire rare (et pas quand il manque !), pensez à en ajouter (si besoin, demander de l’aide à un résident-e).

Foin : à mettre sur le caca et, si vous vous sentez plus confortables avec cela, sur les papiers utilisés.

Seau presque plein : le vider – demandez à un-e résident-e de vous montrer comment procéder… ou de le faire si cette activité vous indispose. Mais en tout cas, il faut prévenir quelqu’un-e avant qu’il ne menace de déborder !

Abattant des toilettes : bien penser à le rabattre à chaque fois, pour éviter que des mouches ne s’invitent dans le seau ! (Elles ont bien d’autres endroits où se restaurer.)


Précieux objets…

Vous êtes à Eotopia et vous allez être amené-e-s à utiliser de nombreux objets : vaisselle, outils de bricolage, de jardinage, toilettes sèches, etc. Nous vous invitons à le faire en pleine conscience et à prendre soin de chaque objet avec la même attention que s’il s’agissait d’un être vivant. Pourquoi ? Parce que chaque objet est le fruit du travail et de la mort de multiples êtres et entités ! Par exemple, un livre existe grâce aux arbres, au bûcheron, aux parents du bûcheron, à celui qui a fabriqué la tronçonneuse, au boulanger qui le nourrit, au soleil nécessaire à la croissance du blé, au cultivateur de blé, au pétrole qui a permis, entre autres, au camion de livrer la librairie, etc., etc., etc. !!! Si l’on poursuit le raisonnement, on s’aperçoit que chaque objet, en fait, contient à lui seul tout l’univers !!! N’est-ce pas tout simplement merveilleux ? :o)

Par ailleurs, prendre soin d’un objet, c’est aussi permettre qu’il dure le plus longtemps possible, afin d’éviter d’avoir à dépenser de l’énergie et des ressources pour s’en procurer un nouveau. C’est aussi le ranger à la place où on l’a trouvé, dès qu’on a fini de s’en servir, pour que d’autres personnes ne perdent pas de temps à le chercher quand à leur tour elles en auront besoin… et bien évidemment, si nécessaire, le nettoyer après usage ;o)

Pour l’univers, merci !


Réjouissances quotidiennes :

Je ne sais pas quoi faire ? J’ai envie d’agir mais pas de me lancer dans un chantier ? Les occasions quotidiennes de me rendre joyeusement utile ne manquent pas ; par exemple :
– nettoyer les toilettes sèches ;
– réapprovisionner la réserve de foin pour toilettes sèches ;
– vider le seau à compost ;
– arroser le jardin ;
– passer le balai ;
– laver le lavabo de la salle de bain ;
– ramasser les détritus qui traîneraient encore sur le terrain ;
– cuisiner.

N’hésitez pas à demander à n’importe quel-le résident-e de vous montrer comment procéder !

Par ailleurs, chaque fois que je prends une douche, je pense à la nettoyer juste après mon passage.

Pour l’univers, merci ! :o)


Chantiers : 


Vous vous êtes engagé-e pour un chantier mais vous souhaitez vous en retirer ? Aucun problème : à Eotopia, nous souhaitons que chaque personne expérimente avec plaisir. Mais il faut en prévenir aussitôt la collectivité ! Ceci afin :
– que les autres personnes soient au courant que, pour que ce chantier se poursuive, il y a besoin d’un-e autre volontaire ;
– d’éviter que des chantiers ne fleurissent partout sans jamais se finir, ce qui pourrait s’avérer démotivant et au final perturber le fonctionnement de la collectivité !

Nous sommes tous et toutes reliées, interdépendant-e-s. Chaque action a un impact sur tout le reste, et en génère des milliers d’autres. Alors, pour l’univers… merci ! :o)