Nous rendre visite

Le lieu réouvrira ses portes début avril 2017. En attendant…

Si vous désirez nous rendre visite, nous vous demandons de nous envoyer un courriel, en précisant si vous souhaitez venir juste pour nous donner un coup de main, ou dans l’optique de rejoindre le projet Eotopia sur un long terme.
A savoir que nous recevons beaucoup de sollicitations et qu’il ne nous est pas toujours possible de répondre à toutes les requêtes.

Si votre objectif est d’intégrer le projet, nous vous invitons à bien réfléchir sur tous les principes d’Eotopia, à prendre le temps de lire très attentivement les pages du site, en particulier la charte et les restrictions, et à expérimenter au maximum de votre côté. Nous avons réalisé que les personnes qui correspondent le plus au projet sont celles qui auraient pu le créer elles-mêmes, se sentant déjà en accord avec toutes les valeurs qu’il véhicule.

Par ailleurs, dans l’objectif de vous éviter d’éventuelles déconvenues, nous vous invitons à lire les deux textes qui suivent (avec des passages qui sont parfois redondants ; veuillez nous en excuser !) :

1/ Entre le rêve et la réalité :

Eotopia est né de l’idée de se passer le plus possible d’argent pour vivre heureux et laisser vivre les autres êtres vivants. Cette idée est toujours très présente dans nos esprits et constitue l’un des piliers du projet.

Cela dit, comme beaucoup l’ont déjà constaté, sur le terrain, l’argent est encore très présent. Nous avons dû acheter le lieu et nous utilisons de l’argent au quotidien pour la nourriture, les outils, matériaux et autres dépenses diverses (bois de chauffage, papier toilette, essence, etc.).

Pour certain-e-s c’est une surprise, pour d’autres cela paraît juste normal et pour d’autres encore, ceux et celles qui ont découvert Eotopia par le biais de vidéos ou de livres, c’est une déception !

Sans vouloir nous justifier, nous tenons à expliquer pourquoi Eotopia s’est éloigné du rêve initial : pendant trois ans, nous avons cherché des terrains, essayé de nous installer dans divers endroits et à chaque fois nous nous sommes confronté-e-s à des obstacles insurmontables liés à la propriété, aux contraintes administratives ou tout simplement au manque de confiance de la part de la personne qui souhaitait donner un espace (lire Notre histoire). Aussi, fatigué-e-s et désireux/euses de démarrer le projet, nous nous sommes finalement décidé-e-s à acheter un lieu pour le pérenniser et, surtout, pour le commencer !

Sans argent, Eotopia n’était qu’un rêve, une idée ; avec de l’argent, le projet a perdu de sa crédibilité mais il existe !

Nous ne disons pas que monter un tel projet sans argent est impossible, au contraire, et nous espérons que d’autres y parviendront. Pour notre part, fatigué-e-s (il faut bien l’avouer), nous avons choisi un compromis qui nous éloigne du rêve mais nous permet de démarrer. Bien entendu, nous avons toujours en ligne de mire l’économie du don et le rêve de pouvoir un jour nous passer d’argent. Nous sommes en chemin et cela prendra le temps qu’il faudra.

D’ici là, si nous essayons de nous inscrire le plus possible dans une logique de don, nous avons des frais, des parts immobilières à payer et c’est pour cela que nous proposons aux visiteurs/euses et futur-e-s résident-e-s de participer dans la mesure de leurs moyens.

Depuis février 2017, une page du site vous permet de vous faire davantage une idée de nos achats et acquisitions, et de la manière dont cela se passe : Dépenses et dons.

2/ Sur le terrain :

La nourriture

Si l’économie du don et la vie sans argent figurent parmi nos valeurs principales, il ne nous est pas encore possible de les mettre entièrement en pratique. Le potager commence à peine à donner et certains frais nous sont inévitables (électricité, eau, essence, outillage, etc.). Nous effectuons nos courses une fois par semaine (voire deux fois), pour limiter les déplacements à Moulins qui se situe à 35 kilomètres. Nous y allons en général le vendredi, jour de marché. Deux ou trois membres s’y rendent et font les courses pour tout le monde (places limitées dans le fourgon). Un magasin bio nous remet ses invendus – parfois beaucoup de produits, parfois quasiment rien.

Chacun-e achète ce qu’il/elle veut et décide ensuite de partager ce qu’il/elle souhaite avec le groupe (la veille du jour des courses, ceux/elles qui le souhaitent remettent argent et liste de courses  à celles/ceux chargé-e-s d’aller à Moulins). Les céréales, légumineuses et légumes sont partagés, alors que les fruits sont réservés à un usage personnel (certain-e-s en mangent une quantité astronomique, de par leur quasi crudivorisme, et ont besoin que leurs réserves durent la semaine). Les aliments « non décroissants », comme les purées d’oléagineux, les biscuits, le chocolat, le thé, etc., sont, comme les fruits, achetés individuellement.

Les visiteurs et visiteuses sont invité-e-s à imiter notre mode de fonctionnement. Bien entendu, si pour une raison ou une autre cela ne vous convient pas (vous vivez sans argent ou êtes dans une situation compliquée par exemple), pas de problème, nous vous demandons juste de nous prévenir.

L’intégration au projet

Nous cherchons des résident-e-s pour compléter harmonieusement notre merveilleux groupe et aussi pour soulager les épaules de deux des résident-e-s qui ont pris à leur charge respectivement quatre et cinq parts pour l’achat du lieu (voir les statuts).

Ainsi, si le critère fondamental réside dans la joie qui se dégage du temps passé ensemble et que nous ne souhaitons pas que l’argent soit un critère d’adhésion, nous  tenons à préciser que, pour les mois à venir, nous donnerons la priorité aux personnes qui peuvent participer financièrement à cette aventure.

Nous estimons en effet qu’il est important d’équilibrer les apports respectifs des résident-e-s, pour diverses raisons.

Dans un futur plus ou moins lointain, nous espérons nous libérer de cette contrainte afin que le lieu soit ouvert à tous/toutes de manière inconditionnelle.

Le couchage

Le camping se monte au fur et à mesure… Le confort y est spartiate mais la maison est ouverte à tout-e-s avec eau chaude, électricité, bureau avec accès limité à l’internet, etc. Deux chambres ont  aussi été préparées en vue d’accueillir les visiteurs/euses en cas d’orage ou gros coup de froid (mais elles sont sans chauffage). L’une peut accueillir trois personnes, quant à l’autre, comptant deux lits de deux places, elle est aussi celle du chat Ramsès ; réservée aux catophiles, donc !

Durée du séjour

Dans un premiers temps, nous préférons vous accueillir pour une semaine maximum. Cela nous paraît suffisant pour faire connaissance et aussi pour laisser la place aux autres nombreuses personnes qui souhaitent venir nous rencontrer.

Certain-e-s d’entre vous nous demandent ce qu’ils/elles peuvent apporter ; voici nos suggestions :

  • de la nourriture (n’oubliez pas qu’en principe le ravitaillement n’a lieu que le vendredi et que les fruits ne sont pas en partage) ;
  • des outils, des ustensiles ou d’autres objets non utilisés qui pourraient selon vous nous servir (prévenez-nous si possible à l‘avance). Nous sommes par exemple toujours preneurs de vélos même en panne, palettes, matelas, couvertures, coussins, vaisselle, lunettes de WC, tentes et instruments de musique.Vous trouverez par ailleurs sur place une « boîte à dons ».

Dernier petit point…

Nous ne sommes qu’au début de notre belle aventure et tout ce qui apparaît sur le site n’est pas forcément  reflété de manière fidèle dans la réalité. Nous avons déjà parlé de l’économie du don, il en va de même pour l’usage de l’électricité, de l’essence et d’autres choses encore. Ainsi, nous avons un grand frigo (éteint en hiver), un four électrique (utilisé rarement), un petit chauffe-eau et d’autres appareils pas forcément très écolo… Nous vous le précisons pour ne pas que vous soyez déçu-e-s une fois sur place !
De la même façon, vous pourrez constater que les aliments non locaux et nécessitant des emballages peu ou pas recyclables sont parfois très présents, malgré notre objectif de réduire au maximum les déchets. Cela s’explique, tout comme pour l’argent et les appareils, par le fait que notre chemin n’est pas linéaire, mais plutôt en dents de scie, se trouvant notamment soumis aux pulsions affectives – surtout lorsqu’il s’agit de manger…- des un-e-s et des autres… Si le pilier du véganisme est parfaitement intégré et respecté sur le lieu, d’autres piliers nous confrontent à nos différences… Certain-e-s souhaiteraient  voir à Eotopia uniquement des aliments locaux, bio, non emballés, quand d’autres ressentent comme une frustration intolérable l’idée de se passer de chocolat… par exemple…!

Nous choisissons une transition douce pour qu’elle s’inscrive dans la durée… et l’immensité du travail sur le terrain accapare déjà toutes nos énergies !!! Enfin, si nous sommes un petit groupe soudé par de plus en plus d’expériences communes, dont certaines très difficiles, et par des valeurs partagées, nous apparaissons en fait très différent-e-s les un-e-s des autres et ne sommes pas tous/toutes, sur le chemin qui mène à l’affranchissement de l’argent comme de moult produits de consommation, parvenu-e-s au même point. Nous tenons à respecter toutes ces différences et à ne forcer personne à aller plus vite qu’il/elle ne le peut ; le bien-être de chacun-e en dépend !